Une plainte pénale inédite pour traite des êtres humains
Le 22 avril 2026, une plainte pour traite des êtres humains contre les plateformes de livraison était déposée auprès de la procureure de la République de Paris.
Cette plainte dénonce un modèle économique construit sur l'exploitation d'une main-d'œuvre particulièrement vulnérable, majoritairement composée de travailleurs immigrés, dont une large part est dépourvue de titre de séjour.
Plus particulièrement, la plainte vise la qualification de l'article 225-4-1 du Code pénal, infraction qui suppose la réunion de trois éléments cumulatifs, que la plainte s'attache à démontrer point par point :
– Un acte : le recrutement numérique, massif et facilité de livreurs par les plateformes;
– Un moyen : un revenu présenté comme flexible et attractif mais en réalité faible et instable;
– Une finalité d'exploitation : la soumission des livreurs à des conditions de travail indignes.
Le dossier constitué par les plaignants met en avant la connaissance fine, par les plateformes, du profil socio-économique de leurs livreurs, la documentation interne de la pénibilité et de la dangerosité de l'activité, la reconnaissance de la dépendance économique de ces travailleurs, et l'utilisation de cette vulnérabilité comme un véritable levier d'accroissement des marges.