L'ouvrage à l'origine de cette affaire, From the River to the Sea, a été illustré par le Sud-Africain Nathi Ngubane et cosigné par Azad Essa, et publié en juin 2024 par la maison d'édition sud-africaine Social Bandit Media. Il est présenté comme un support pédagogique destiné aux enfants pour leur faire découvrir l'histoire palestinienne.
Son titre reprend le slogan "From the river to the sea", dont est elle-même l'objet d'un vif débat : appel à l'éradication de l'État d'Israël pour les uns, expression d'un soutien pacifique à la cause palestinienne pour les autres.
La librairie Violette and Co exposait ce livre durant l'été 2025. Elle était alors la cible de dégradations sur sa vitrine, pour lesquelles une plainte a été déposée parallèlement.
La vente de ce livre était signalée auprès du procureur de la République par le ministère de l'Intérieur, qui dénonçait son "fort parti-pris historique et idéologique" et l'accusait de remettre en cause l'existence de l'État d'Israël.
Le 7 janvier 2026, la librairie était perquisitionnée par cinq policiers et un procureur de la République dans le cadre d'une opération visant à saisir l'ouvrage. Aucun exemplaire n'était retrouvé.
Les libraires étaient par la suite convoquées pour une audition libre dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour "importation non autorisée d'ouvrage jeunesse comportant un contenu dangereux".
Maître Thibault Laforcade, avocat des libraires, dénonçait cette perquisition totalement disproportionnée et illégale puisque, dans les cas habituels de vente d'un ouvrage frappé d'une mesure d'interdiction, la pratique consiste à adresser un simple courrier au libraire, non à mobiliser des effectifs de police pour une opération spectaculaire.
Le 17 mars 2026, l'enquête était finalement classée sans suite par le parquet de Paris.