Injures racistes envers des salariés du Régent Café à Bordeaux : Le patron renvoyé devant le tribunal correctionnel

Le propriétaire de la brasserie bordelaise Le Régent Café, Daniel Marion, sera jugé en septembre par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour des injures racistes tenues envers plusieurs de ses salariés.

Le cabinet GLM y défendera les intérêts de la Ligue des droits de l'Homme, constituée en partie civile.  

Les faits reprochés à Daniel Marion se sont déroulés le 6 octobre 2025 : il aurait tenu, durant près de cinq heures, des propos injurieux à caractère raciste à l'encontre de salariés de son établissement.  Plusieurs victimes ont depuis été placées en arrêt maladie, avant d'être licenciées pour inaptitude. Le parquet de Bordeaux a décidé de son renvoi devant le tribunal correctionnel.

Cette affaire pose la question centrale du traitement judiciaire des propos racistes tenus dans le cadre professionnel, par un employeur à l'égard de ses propres salariés, et du risque de banalisation de ce type d'agissements si la réponse pénale venait à se révéler insuffisante. 

Maître Thibault LAFORCADE, avocat de la Ligue des droits de l'Homme, partie civile dans ce procès, précise ce point dans une interview donnée au Média Outre-Mer :

« Une telle orientation aurait été parfaitement scandaleuse parce que pas à la hauteur des faits inqualifiables qui sont établis en procédure. Si on se met à classer ce type d'agissements, je crois alors qu'on emprunte une pente qui est extrêmement glissante et extrêmement inquiétante. Fort heureusement, ce n'est pas in fine l'orientation qui a été décidée. Mais le simple fait qu'on se soit posé cette question interroge et même inquiète. »

Le renvoi devant le tribunal correctionnel marque ainsi une étape attendue par la Ligue des droits de l'Homme, qui espère que l'audience de septembre permettra la reconnaissance pleine et entière de la gravité de ces faits.